Syrie : la Coalition de l'opposition ira à la Conférence de Genève
L'opposition syrienne en exil s'est prononcée samedi soir à Istanbul pour sa participation la semaine prochaine à la conférence de paix de Genève II, en prévision de laquelle le régime de Damas a fait une offre de cessez-le-feu à Alep (nord).
L'opposition syrienne en exil s'est prononcée samedi soir à Istanbul pour sa participation la semaine prochaine à la conférence de paix de Genève II, en prévision de laquelle le régime de Damas a fait une offre de cessez-le-feu à Alep (nord).
L'opposition syrienne en exil a accepté samedi, à Istanbul, de participer la semaine prochaine à la conférence de paix de Genève II. Au terme de discussions dans le huis clos d'un hôtel de la lointaine banlieue stambouliote, 58 membres de la Coalition de l'opposition ont voté oui, 14 non, 2 se sont abstenus et 1 a voté blanc, selon les résultats officiels.
Seuls 75 des quelque 120 délégués de l'opposition modérée au régime de Damas ont pris part au scrutin à bulletins secrets, signe des vifs débats.
La conférence de Genève II a pour objectif de trouver une solution politique susceptible de mettre fin à la guerre civile en Syrie, qui a fait plus de 130.000 morts et des millions de réfugiés et déplacés depuis mars 2011.
«Retirer au boucher Assad tous ses pouvoirs»
Depuis des semaines, les adversaires de Bachar al-Assad se déchiraient sur l'opportunité de s'asseoir à la même table que les représentants d'un régime dont ils veulent la chute depuis bientôt trois ans. A quatre jours du rendez-vous diplomatique lancé à l'initiative des Etats-Unis et de la Russie, le président de la Coalition de l'opposition, Ahmad Jarba, a affirmé que ces négociations avaient «comme unique but de satisfaire les demandes de la révolution (...) et avant tout de retirer au boucher (Assad, ndlr) tous ses pouvoirs».
Le leader de l'opposition syrienne a aussi prévenu que la participation à la conférence ne signifiait pas la fin des opérations contre les forces d'Assad menées par l'opposition et sa branche armée, l'Armée syrienne libre (ASL). Le régime syrien répète, lui qu'il n'ira pas en Suisse «pour remettre le pouvoir à qui que ce soit», et qu'il revient à Bachar al-Assad de mener la transition.
Les chefs de la diplomatie française Laurent Fabius et américaine John Kerry ont qualifié de «courageuse» la décision de l'opposition syrienne de participer à la conférence. «En dépit des provocations et des exactions du régime», ce choix «est celui de la recherche de la paix», s'est félicité Laurent Fabius. «Personne ne se fera duper», a assuré le secrétaire d'Etat américain John Kerry, menaçant Damas d'une «réponse beaucoup plus forte» en cas de manoeuvre de diversion.
Premières concessions «humanitaires» de la part du régime
Au moins 16 personnes ont péri samedi à Alep et ses environs, dans le nord de la Syrie, dans des raids de l'armée de l'air qui bombarde également l'est de Damas, a-t-on appris auprès d'une ONG.
Sous l'influence de son fidèle soutien russe, le régime syrien a de son côté fait vendredi une série de concessions "humanitaires" qui répondaient à certaines exigences de l'opposition. A l'issue d'une rencontre avec son homologue russe Sergueï Lavrov à Moscou, le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem a proposé un «échange de prisonniers» et un plan prévoyant «l'arrêt de toutes les actions militaires» dans la région d'Alep. Samedi encore, au moins 34 personnes dont cinq enfants ont péri dans cette région dans des raids aériens de l'armée, selon une ONG syrienne. Les conditions de ce cessez-le-feu restaient encore floues samedi.
Les promesses du régime ont connu par ailleurs une première manifestation concrète. Pour la première fois depuis septembre 2013, de l'aide alimentaire a pu entrer samedi dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, à Damas. L'armée du régime assiège ce camp occupé en grande partie par les rebelles depuis des mois.


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