La Birmanie a ordonné à Médecins sans frontières de «cesser toute activité» dans le pays
Le gouvernement birman a demandé à Médecins sans frontières de cesser leur activité dans le pays. Une décision qui inquiète l’ONG puisqu’elle concerne le sort des dizaines de milliers de personnes dont elle s’occupe actuellement en Birmanie.
Médecins sans frontières (MSF) a annoncé vendredi devoir « cesser toute activité dans le pays » à la demande de la Birmanie. L’ONG se dit choquée d’une décision qui va priver de soins des dizaines de milliers de personnes.
« MSF est profondément choqué par cette décision unilatérale et extrêmement inquiet concernant le sort de dizaines de milliers de patients dont nous nous occupons actuellement à travers le pays », a déclaré l’organisation dans un communiqué.
Cette décision du gouvernement birman « va avoir un effet dévastateur sur les 30 000 patients VIH/sida et les plus de 3 000 patients traités pour la tuberculose », a-t-elle ajouté, précisant être en discussion avec les autorités pour permettre la reprise des activités.
Privés de médicaments
« Ce vendredi, pour la première fois dans l’histoire des activités de MSF en Birmanie, les cliniques VIH/sida dans les États de Rakhine, Shan et Kachin, ainsi que dans la région de Rangoun, ont dû fermer leurs portes et les patients ont été dans l’incapacité de recevoir les traitements dont ils ont besoin. Les patients atteints de tuberculose, y compris ceux souffrant de tuberculose multirésistante, n’ont par exemple pas pu prendre leurs médicaments pourtant essentiels à leur survie », explique Médecin sans frontières.
Le porte-parole du gouvernement régional de l’État Rakhine a annoncé plus tôt vendredi que les opérations de MSF dans cette région de l’ouest du pays étaient suspendues depuis mercredi en raison de l’expiration de sa licence.
Il a nié tout lien avec de récentes manifestations contre l’organisation.
Médecins sans frontières fournit des soins de santé primaires dans plusieurs zones isolées de cet État frontalier du Bangladesh, zones peuplées majoritairement de membres de la minorité musulmane apatride des Rohingyas.
Le groupe a été récemment soumis à des pressions grandissantes après avoir dit avoirtraité des blessés dans une de ses cliniques située près du site d’un supposé massacre de Rohingyas démenti par le gouvernement.

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