La Libye doit remettre Saif al Islam Kadhafi à la Cour pénale internationale
Les autorités libyennes doivent sans plus tarder remettre Saif al Islam Kadhafi et l’ancien directeur des services de renseignement, Abdallah al Senoussi, à la Cour pénale internationale (CPI), a déclaré Amnesty International.
La semaine dernière, une délégation de l’organisation a rencontré ces hommes, tous deux détenus, alors que leur affaire doit être portée devant la chambre d’accusation à Tripoli le 19 septembre. Saif al Islam Kadhafi et Abdallah al Senoussi font l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI pour crimes contre l’humanité, mais les autorités libyennes insistent pour qu’ils soient jugés en Libye.
La chambre d’accusation a été saisie de leur cas et de celui de 36 autres personnes accusées de crimes liés au conflit armé.
« Une comparution devant la chambre d’accusation nous rapproche de plus en plus d’un procès sur le sol libyen pour Saif al Islam Kadhafi, en violation des obligations légales de la Libye de remettre cet homme à la CPI, a indiqué Hassiba Hadj Sahrahoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.
« On peut comprendre que les autorités veuillent agir rapidement et juger ces personnes en Libye mais, au jour d’aujourd’hui, des procès de cet ordre ne serviront pas la justice. Le système judiciaire de la Libye a besoin d’être réorganisé de toute urgence. Des doutes existent quant à la capacité des autorités de mener des procès en toute équité. À cela s’ajoute une situation sécuritaire fragile.
« Les deux hommes devraient être remis immédiatement à la CPI, et la Libye pourrait ainsi s’attacher à améliorer la sécurité et à reconstruire son système judiciaire afin d’instaurer des tribunaux libyens justes et impartiaux, capables de garantir les droits des suspects, des victimes et des témoins. »
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